Le Coudray
Aux portes de Chartres, le chemin suit l’Eure à travers un territoire où moulins, patrimoine religieux et lieux de mémoire racontent près de neuf siècles d’histoire.
À la sortie de Chartres, Le Coudray accompagne le pèlerin le long des rives de l’Eure avant l’ouverture progressive vers les paysages de la campagne beauceronne.
Des Trois-Ponts au Gord, des anciens moulins aux églises Saint-Julien, la commune conserve un patrimoine étroitement lié à la rivière, auquel s’ajoute la mémoire exceptionnelle du Séminaire des Barbelés.
Le patrimoine du Coudray
- HISTOIRE ET PATRIMOINE
VOIE DE TOURS - Épernon
- Hanches – Houx – Yermenonville
- Mévoisins – Saint-Piat – Soulaires
- Jouy – Saint-Prest – Champhol
- Lèves
- Chartres
- Le Coudray
- Luisant – Barjouville
- Ver-lès-Chartres – Thivars
- Mignières
- La Bourdinière – Saint-Loup
- Luplanté
Vitray-en-Beauce – Bouville - Alluyes
- Bonneval
- Flacey – Marboué
- Châteaudun
- La Chapelle-du-Noyer – Douy
- Saint-Hilaire-sur-Yerre
Montigny-le-Gannelon - Cloyes-sur-le-Loir
Romilly-sur-Aigre
Franz. Stock et le Séminaire des Barbelés
Une figure d’espérance et de réconciliation.
Des Trois-Ponts aux bords de l’Eure
Les bords de l'Eure
Les bords de l’Eure que l’on va suivre sont caractérisés au départ par leur traitement de parc urbain naturel qui permet de traverser l’agglomération dans un décor agréable. Bien vite ce parc va s’ouvrir sur ce que l’on appelle les prairies, avant que l’on n’atteigne la campagne.
Les Trois-Ponts
Les Trois-Ponts marquent la sortie de la ville de Chartres.
Une statue de saint Jacques, réalisée à la tronçonneuse par Gérard Ferruel à l’occasion de la fête des vendanges de la commune libre de Saint-Brice en 2009 matérialise l’endroit.
Le chemin de Compostelle y est aussi matérialisé par une borne qui indique qu’il reste 1624 kilomètres à parcourir pour atteindre la destination finale. On peut suivre au choix, le GR par la rive gauche de l’Eure, ou le chemin qui traverse le parc de la mairie, par la rive droite
Le Gord et son patrimoine
Le Gord et son château
Le Gord (lieu-dit le Guort en 1250), que l’on aborde aussitôt après les Trois-Ponts, sur la rive droite de l’Eure, aurait été autrefois le lieu d’implantation de pêcheries entourées de pieux, ce qui était fréquent auprès des moulins. Le mot « Gord » issu du norrois « Gardr », clôture, signifierait en effet pêcherie entourée de pieux.
Quant au château du Gord, on sait qu’il a été construit en 1680 et qu’il servait de château relais aux seigneurs en promenade.
Le moulin Lecomte
Le moulin Lecomte, siège aujourd’hui d’une minoterie renommée, la minoterie Viron, existe depuis très longtemps. En 1205 on trouve déjà mention d’un « molendinum comitis », moulin des
Comtes. Puis en 1215 on le trouve sous l’appellation « molendinum comitis gordeiis », moulin des
Comtes de Gord, et en 1248 sous le nom de « molendinum comitiis carnotensis », moulin des Comtes de Chartres. Ce moulin, naturellement à eau, était le moulin banal de la ville de Chartres où tous les boulangers et pâtissiers de la ville devaient se fournir. Les comtes de Chartres accordèrent successivement des droits sur leur moulin aux abbesses de l’abbaye de l’Eau à Ver lès Chartres ( « muids de blé à prendre sur leur moulin du Coudray »). Sans doute est-ce pour cela qu’elles en devinrent propriétaires au cours du XVIème siècle et le restèrent jusqu’à la Révolution, époque où le moulin fut vendu comme bien national.
Il est intéressant de noter que lors de la construction de la route et du pont entre Luisant et Le Coudray en, 1881, les fouilles ont permis de mettre à jour quatre ou cinq petites meules (aujourd’hui disparues) d’un moulin à eau datant du VIIème, ou VIIIème siècle et qui se serait situé à quatre ou cinq cents mètres du moulin actuel. Leur observation permit de découvrir qu’elles avaient été modifiées et ajustées, parce qu’elles provenaient vraisemblablement d’un moulin à bras dont l’origine pourrait remonter à l’époque gallo-romaine.
Le lavoir que l’on rencontre après le moulin a été réhabilité récemment.
Les églises Saint-Julien
Les églises Saint-Julien. La commune du Coudray présente la particularité de comporter deux églises, dont le patron est Saint Julien de Brioude. L’ancienne église, entourée du cimetière, située autrefois à l’écart des habitations, borde la route menant à Morancez.
C’est un bel édifice en pierre de taille, aux larges ouvertures en ogive. Il date pour une large partie du début du XVIe siècle, même si les murs de la nef remontent à l’époque romane (XIIe siècle). La seconde a été établie en 1893 dans le centre du bourg. Ses contreforts sont en brique, l’intérieur étant couvert d’une carène renversée en bois.
Elle présente plusieurs intéressants vitraux d’inspiration Art déco (atelier parisien Villette – 1929 à 1946).
L’hospice du Grand Beaulieu
L’hospice du Grand Beaulieu, fondé au XIe siècle, prit en charge les lépreux, quand cette maladie refit son apparition en Occident (vers 1100).
La communauté, fonctionnant en autarcie, était largement gérée par les malades eux-mêmes, au travers d’une confrérie religieuse où siégeaient leurs représentants, hommes et femmes. Cet établissement, le plus important de la région, bénéficia aussi d’importantes donations personnelles des comtes de Chartres (Thibaut III, IV, V), des rois d’Angleterre (Henri 1er ) et de France (Louis VII, Philippe Auguste).
Rien n’en subsiste aujourd’hui, à l’exception de certaines dépendances à vocation agricole.
Le Séminaire des Barbelés
Un peu à l’écart du chemin, cet ancien camp de prisonniers de guerre, qui abrita début 1945 près de 40 000 soldats des forces de l’Axe, fut le siège d’une initiative remarquable, vision personnelle de Mgr Roncalli, le futur pape Jean XXIII. Un séminaire à destination des futurs prêtres allemands y fût fondé : de juin 1945 à mai 1947, plus de 950 étudiants y trouvèrent l’occasion de « s’acheminer vers le sacerdoce » et de devenir « un élément de rénovation » du catholicisme allemand, anéanti par le nazisme.
La direction spirituelle des lieux fut rapidement confiée à une personnalité hors norme : l’abbé Franz Stock (1904-1948). Ancien recteur de la paroisse allemande de Paris, pro-européen convaincu, il devint, au cours de l’occupation, aumônier des prisons parisiennes de la Gestapo, où il s’efforça d’accompagner de son conseil religieux et de son soutien moral, tout en contrevenant aux dispositions de sa hiérarchie, de nombreux condamnés à mort issus des rangs de la résistance (dont Honoré d’Estienne d’Orves et Gabriel Péri). Au Coudray, cet homme visionnaire, engagé jusqu’au bout de ses forces, impulsa une dynamique spirituelle puissante, nécessairement orientée vers la réconciliation, la fraternité humaine, et la paix à (re)construire.
Le « bloc » aujourd’hui conservé prend la forme d’une grande halle en béton (70 mètres par 20) qui comprend le dortoir (des lits de bois à trois étages), le réfectoire (qui était aussi salle d’étude) et la chapelle du séminaire – à l’angle nord-ouest du bâtiment. Le Coudray est devenu, aux yeux de beaucoup (parmi eux, l’ancien ministre Edmond Michelet ou l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl) LE lieu symbole de la première réconciliation franco-allemande.
Pour aller plus loin...
- Ville du Coudray
Site officiel

