Luisant, Barjouville
Au fil de l’Eure, prairies et étangs conduisent le pèlerin jusqu’à Barjouville, village profondément marqué par la mémoire de Saint-Jacques.
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- Histoire & Patrimoine d’Eure & Loir
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- Luisant – Barjouville
À la sortie de l’agglomération chartraine, le chemin traverse les espaces naturels de Luisant et de Barjouville en suivant la vallée de l’Eure.
Prairies, étangs et anciens moulins composent ce paysage avant que Barjouville ne révèle un patrimoine jacquaire particulièrement présent, autour de son église Saint-Jacques et de la croix pèlerine réimplantée sur l’ancien chemin de Compostelle.
Le patrimoine D'Épernon
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Luisant
La prairie de Luisant
La prairie de Luisant, que vous avez traversée dès les Trois-Ponts si vous avez suivi le GR sur la rive gauche, ou que vous atteignez si vous avez pris le chemin du Gord et du Moulin Lecomte sur la rive droite est une sorte de « réserve naturelle » périurbaine de dix-huit hectares classée zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique et Natura 2000. Elle sert de refuge à une faune variée. On y trouve par exemple une frayère à brochets aménagée en 2007 et un enclos mis à disposition des chevaux. Elle sert également de zone tampon pendant les crues hivernales
L’étang de Luisant
L’étang de Luisant qui se trouve au sud de la prairie de Luisant est aménagé en parc. Des hérons cendrés viennent souvent y pêcher ou simplement s’y reposer. De nombreuses espèces aquatiques fréquentent aussi les lieux.
Barjouville
La prairie de Barjouville
La prairie de Barjouville fut probablement et très longtemps une région sans grande valeur à la merci des crues et des changements de lit de la rivière. Lors des prises de propriété, cette région incertaine ne fut revendiquée par aucun puissant et resta à la disposition commune des habitants, d’où le nom de « communes » figurant sur les plans anciens. […]
Il ne saurait être question de parler de la prairie sans évoquer les oies qui y paissaient librement en nombre et qui se retrouvent sur le blason de la commune aux côtés des peupliers et des coquilles Saint-Jacques.
(Yves Legrand, « Échos de Barjouville », septembre 1998, pp. 46 &49).
L’étang de Barjouville
L’étang de Barjouville qui occupe aujourd’hui une grande partie de la prairie a été creusé à partir de 1966, sous le regard étonné des vaches que leurs propriétaires tardaient à replier vers les fermes, par les engins de l’entreprise Renaudin qui commençaient à éventrer la prairie pour en extraire les matériaux graveleux nécessaires à la construction de la section « déviation de Chartres » de l’autoroute A 10, Paris-Poitiers.
(Yves Legrand, « Echos de Barjouville », septembre 1998, p. 48).
Plus de 200 espèces végétales différentes cohabitent. Ceux qui prendront le temps y observeront de nombreux oiseaux (hérons cendrés, martins pêcheurs, grèbes huppées), mais aussi des insectes rares, menacés sur le sol français : le criquet ensanglanté, la grande aeschne (qui est une libellule).Les « stars » demeurent les cyprès « chauves » (ils perdent leurs épines en hiver), en bordure de l’Eure. Ces monuments naturels, hauts de plus de 30 mètres, auraient été plantés à la demande de Jérôme Bonaparte, frère de l’empereur, vers 1840.
L’église Saint-Jacques
L’église Saint-Jacques, au carrefour de la rue Saint-Jacques, maintenant piétonne, et de la rue Jean de la Fontaine (qui faillit s’appeler rue aux oies), abrite un patrimoine jacquaire important (Vitraux, statues, bâtons de procession, …).
Le cahier de doléances rédigé par les Barjouvillois en 1576, et conservé à la Bibliothèque.
Nationale, nous apprend que leur église fut « bruslée et toute ruinée par ceulx de la religion [prétendue réformée]. » Les faits remontent sûrement au mois de mars 1568 quand l’armée protestante leva le siège de Chartres et se replia en incendiant maints édifices religieux de la région. Les travaux de restauration s’échelonnèrent probablement sur plusieurs années, ce qui expliquerait les disparités constatées dans l’église actuelle.
(Yves Legrand, « Echos de Barjouville », septembre 1998, p. 35).
À l’intérieur, retrouvée lors des récents travaux, l’ancienne croix du pignon a la forme d’un quatrefeuilles, motif celtisant réutilisé par l’art cistercien. À l’extérieur, sur le mur de fond d’église, regardez attentivement : une rafale de petites têtes (quatre plus quatre), clin d’œil des tailleurs de pierre d’il y a 850 ans.
La croix pèlerine
La croix pèlerine à la sortie de Barjouville a été inaugurée le 14 octobre 2023.
L’implantation de cette magnifique croix pèlerine à l’image de celle qui existait à proximité sur l’ancien chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est un évènement culturel à la fois patrimonial et spirituel à l’initiative de Compostelle 28 l’association des Amis de Saint-Jacques d’Eure-et-Loir : – Patrimonial parce qu’il s’agit de la réimplantation d’un témoin du passé en réutilisant une ancienne colonne du 12ème siècle qui se trouvait dans le cimetière entourant l’église de Barjouville et qui pourrait provenir de l’ancienne Abbaye de l’eau.
– Spirituel car il vise à promouvoir les valeurs humanistes essentielles dont le chemin de SaintJacques est porteur.
Autres témoins du patrimoine de Barjouville
La propriété Voisins
La propriété Voisins [dont on longe longtemps le mur en sortant du village] est signalée dès 1168 sans que l’on puisse dire s’il s’agissait d’une maison de campagne, d’un château ou d’un domaine. Elle fit partie jusqu’en 1826 de la commune de Morancez [ en fait ordonnance royale du 25 octobre 1827 fixant la limite entre les deux communes au milieu du lit de l’Eure]. En 1801, et dans le style de l’époque, le baron Alexandre Antoine Hureau de Sénarmont, général de Napoléon Ier, avait fait édifier le « château » qui existe encore aujourd’hui.
Dans le parc on trouve un sarcophage mérovingien que l’on peut dater entre le VIème et le VIIIème siècle sans pour cela savoir si son emplacement actuel est vraiment celui d’origine.
Yves Legrand, « Echos de Barjouville », septembre 1998, p. 51).
La ferme Lambert
La ferme Lambert : C’est dans cette ferme que Louis Pasteur, avec ses deux élèves Emile Roux et Charles Chamberland, vérifia en 1881 l’efficacité de la vaccination qu’il venait de mettre au point contre l’infection charbonneuse.
Les moulins Lambert et de Moineaux
Le moulin Lambert se trouve en limite de la commune de Morancez que l’on peut rejoindre, ainsi que les étangs tout proches, par une passerelle.
Le moulin de Moineaux est cité dès 1101 dans le cartulaire de Saint Père mais, par contre, l’existence d’un château reste bien hypothétique. [ Des vestiges du château du XVIème siècle de cette ancienne prestrière du chapitre cathédral de Chartres il reste notamment une échauguette inscrite monument historique par arrêté du 27 juin 1994].
(Yves Legrand, « Echos de Barjouville », septembre 1998, p. 50).
Pour aller plus loin...
- Commune de Luisant
Site officiel
- Commune de Barjouville
Site officiel
