La Bourdinière
Saint-Loup
Sur l’ancienne route de Chartres à Bonneval, hospices, chapelles et fontaines rappellent un territoire où voyageurs et pèlerins trouvaient autrefois accueil et dévotion.
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- La Bourdinière – Saint-Loup
Au cœur de la Beauce, La Bourdinière et Saint-Loup conservent la mémoire d’un ancien axe de circulation entre Chartres et Bonneval.
Dès le Moyen Âge, le prieuré Notre-Dame de La Bourdinière accueillait pauvres et voyageurs, tandis qu’à Saint-Loup, chapelle, fontaine et église témoignent de pratiques religieuses et de pèlerinages profondément ancrés dans l’histoire locale.
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La Bourdinière
Le prieuré Notre-Dame de La Bourdinière
Prieuré de La Bourdinière : C’est en 1191 qu’est fondé le prieuré Notre-Dame de la Bourdinière. D’après une charte sur parchemin, rédigée en latin, figurant dans le cartulaire de ce prieuré. Adèle, fille du roi de France, comtesse de Blois-Chartres depuis 1164 et son mariage avec Thibaut V, exerçant depuis peu la régence du comté au nom de son fils mineur, fait donation aux religieux de l’abbaye de la Gâtine (Touraine) de plusieurs terres seigneuriales situées au sud de Chartres, avec obligation de construire au bord de la route, « dans un lieu appelé La Bourdinière, entre Bonneval et Chartres » un hospice « pour y célébrer le service divin » et « y accueillir les pauvres, qu’ils soient infirmes ou en bonne santé, fatigués par les tracas du voyage ou interrompus par la tombée de la nuit ». Déjà, la future N10 y apparaît donc comme l’un des axes structurants du réseau routier français.
Le prieuré, bâti en calcaire et grison, aujourd’hui transformé en maison d’habitation, abrite encore un lavabo liturgique du XIIe siècle. Dès 1192, la même comtesse fonde, cette fois avec l’ordre des Templiers, la commanderie de Sours. Cinq cents mètres plus au nord, elle confie au nouvel établissement d’autres terres, rassemblées dans la seigneurie « du Temple » et y fait bâtir une chapelle.
Saint-Loup
Chenonville sur les anciennes voies
Chenonville, sur l’ancienne commune de Saint-Loup, est mentionné à plusieurs reprises au niveau des voies anciennes :
Dès 1285 pour le convoyage d’argent de Paris à Toulouse pour l’expédition d’Aragon d’après les comptes du voyage entre Paris et Tours.
Dans le « guide du chemin pour aller au voyage de Saint-Jacques en Galice, Saint Salvateur et Notre Dame de Mont Serrat », imprimé pour Louys Coste, à Rouen, en 1603-1604.
Dans le « guide qu’il faut tenir pour aller au voyage de Saint Jacques en Gallice, Saint Salvateur en Asturie et Montserrat en Cathalogne et aussy pour revenir à prendre le chemin de la ville de Senlis » en 1680.
(Humbert Jacomet, « Croix rurales et chemins de pèlerinage dans l’ancien diocèse de Chartres », SAEL, 1998, figure 2 : « carte comparative des itinéraires recommandés aux pèlerins de SaintJacques à travers le diocèse de Chartres »).
Le château de Saint-Loup
Le château de Saint-Loup n’est pas aussi prestigieux que tous ses homonymes que l’on peut rencontrer çà et là dans le reste de la France.
En 1388, Jean Guillier reçoit l’autorisation de fortifier son manoir, qui est entouré de douves. Le château, propriété au XVIIe siècle du maire de Chartres, Miles Noël, revient par descendance aux Brouilhet de la Carrière puis à l’épouse du marquis de Roussy de Sales. Propriétaire d’une laiterie et maire de Saint-Loup, l’homme garde jusqu’aux années 1906/1908 un train de vie aristocratique. L’édifice actuel daterait pour l’essentiel du début du XIX e siècle. Cependant, le beau pavillon central conserve des parties plus anciennes : soubassements, ébrasements des fenêtres et charpentes. Il abrite aujourd’hui la Fédération départementale des chasseurs d’Eure-et-Loir.
De la fontaine Saint-Gilles à l’église Saint-Loup
Un ancien lieu de pèlerinage
L’église primitive de Saint-Loup s’élevait au lieu-dit Marché-Phage où existait une fontaine dite de Saint-Gilles où les pèlerins allaient puiser l’eau. Cette chapelle, construite en 1270, était un lieu de pèlerinage pour les fidèles des environs.
L’église actuelle et son patrimoine
L’église actuelle fut construite à l’emplacement de la chapelle de Saint-Loup en 1754.
Elle abrite dix-neuf sculptures de bois polychrome, de formats divers, datant du XVII e siècle. Pareil ensemble n’a aucun équivalent dans la région de Chartres. En plus de trois Vierges à l’Enfant, des saints vénérés dans l’ancienne paroisse (saint Loup, saint Gilles) et de ceux populaires dans l’ancienne France (sainte Barbe, saint Nicolas), on peut y découvrir deux groupes Marie / saint Jean provenant de descentes de croix. Les sculpteurs, dont le travail comporte certes quelques naïvetés, ont su rendre les expressions douloureuses des personnages avec une bouleversante authenticité. Les vitraux de l’église ont été réalisés à la fin du XIX e siècle par les ateliers Gesta de Toulouse. En plus des saints patrons, on trouve André, Jacques, Jean, Thérèse : Raoul de Roussy de Sales a offert ces verrières à la naissance de ses différents enfants.
Les reliques de saint Loup
Dans l’église reconstruite un reliquaire renferme un fragment d’os de saint Loup que l’on vient vénérer le 1er septembre (jour de la saint Gilles). Des pèlerins venaient s’agenouiller et prier devant ces restes sacrés demandant pour leurs enfants d’être préservés de la peur (du loup ?).
Les croix de Saint-Loup
- La croix située sur la RD 28, peu après la sortie de Saint-Loup.
- La croix située sur la RD 28 à la limite des communes de Saint-Loup et de Luplanté.
Pour aller plus loin...
- Commune de La Bourdinière Saint-loup
Site officiel
