Épernon
Entre forêt de l’Iveline et vallée de la Drouette, une ancienne place forte où patrimoine médiéval et mémoire des pèlerins racontent près de mille ans d’histoire.
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- Histoire & Patrimoine d’Eure & Loir
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- Épernon
Aux portes de l’Eure-et-Loir, Épernon occupe une position stratégique sur les hauteurs dominant la Drouette, la Guesle et la Guéville.
Ancienne place forte du domaine royal, la ville conserve les traces d’un riche passé médiéval, religieux et industriel.
Épernon marque l’entrée en Eure-et-Loir de l’itinéraire qui rejoint progressivement la vallée de l’Eure avant d’atteindre Chartres.
Épernon, une ancienne place forte
- Histoire & Patrimoine
Voie de Tours - Épernon
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Montigny-le-Gannelon - Cloyes-sur-le-Loir
Romilly-sur-Aigre
« La position stratégique de la ville sur le penchant d’une colline, en lisière de la forêt de l’Iveline et dominant trois rivières: la Drouette, la Guesle et la Guéville permit à Epernon de faire partie de la ceinture de défense du domaine royal.
Dès le début du XIe siècle Hugues Capet fit élever les châteaux-forts de Maules, Neauphles-le château, Monfort et Épernon, qui constituaient une ligne de défense du domaine royal contre les ducs de Normandie, c’est-à-dire contre les rois d’Angleterre. »
« Au XIe siècle, beaucoup de villes se formèrent aux pieds des châteaux-forts récemment construits.
C’est ainsi qu’Épernon fut bâtie en amphithéâtre sur les pentes de la colline de Diane. La nouvelle ville s’étendit jusqu’aux bord de la rivière du Tahu, qu’on nomme aujourd’hui la Guesle. Le seigneur Amaury, fils de Guillaume de Hainault, entoura Epernon de murs et de fossés. Quatre portes donnaient accès à la ville, la porte de Chartres, la porte de Geolle, dite aussi porte Normanne ou Normande, la porte de Paris et la porte de Beauce. On lisait sur l’une de ces portes,une inscription qui indique l’existence antérieure d’un village: « autrist fut jadis mon nom. A présent on me nomme Espierremont ».
« La structure principale du château fut détruite par les Anglais pendant la guerre de cent ans. ». A sa place aujourd’hui on trouve un monument commémorant le souvenir de la bataille de 1870. (Site web de la commune).
Le prieuré Saint-Thomas et l’accueil des pèlerins
Le prieuré Saint-Thomas : Probablement avant la construction du château, et sur l’actuelle paroisse de Hanches se trouvait, depuis le Xème siècle, le monastère de la Trinité de Seincourt, qu’Amaury de Monfort trouva dans la succession de son père, Guillaume de Hainault. Pour en assurer la continuité, il fit don de ce monastère à son ami Albert, ancien chanoine de Chartres, abbé de Marmoutier de Tours, de l’ordre des Bénédictins. Ce don fut sanctionné par le décret royal d’Etampes de 1052. Telle fut l’origine du prieuré Saint-Thomas D’Épernon.
La seule trace encore visible au prieuré est la façade de l’ancienne église de la Trinité de Seincourt.
Créé dans les environs du quatrième siècle par un moine de saint Martin de Tours, le monastère de Seincourt prend un essor assez important puisqu’en 577, il reçoit un concile œcuménique. A cette époque, outre l’église, il est constitué de bâtiments conventuels dispersés, d’un moulin, des sarraulx ou viviers, des étangs et des terres, et même d’un village à feu avec un grand bâtiment pour les convers, les boulangers, les forgerons, le tout entourés de palissades. Ce monastère a créé le faubourg d’Epernon où se trouvait le château des Montfort.
Amaury Ier de Montfort (mort vers 1060) donne vers 1052-1053 à son ami Albert, un ancien moine de Chartres, également abbé de l’abbaye de Marmoutier (1032-1063) , ce monastère lui appartenant et connu depuis le Xe siècle sous le nom de monastère de la Trinité de Seincourt, dont il avait hérité de son père Guillaume de Montfort, situé sur les bords de la Guesle et dépendant de la paroisse de Hanches, don confirmé par une charte royale sigillée à Étampes en 1052 donnée par Henri Ier.
Situé sur la Via Turonensis le prieuré Saint-Thomas accueille des pèlerins à Chartres et à SaintJacques-de-Compostelle depuis le XIe siècle. L’église de la Trinité devenant trop petite, les moines l’agrandissent. En 1551 elle est séparée en deux par un mur, les moines se réservant l’usage de la partie centrale. La partie de l’édifice longeant la rue Saint-Thomas étant réservé aux habitants de la paroisse devint l’église Saint-Nicolas. À sa droite se trouvait le cimetière des paroissiens. L’église prieurale gardant le vocable de Saint-Thomas, les deux églises furent partiellement détruites en 1864.
La seule trace encore visible de ce prieuré de la Trinité est la façade de l’ancienne église de la Trinité de Seincourt.
Les bénédictins vivent plus de 700 ans dans ces lieux, jusqu’à ce qu’ils soient confisqués pendant la Révolution française.
Dans le climat d’avant-guerre, le dernier propriétaire, juif, décide de rejoindre les États-Unis en 1936 et revend le prieuré aux sœurs du Christ. Les sœurs ont fait construire un nouveau bâtiment, de style art déco, correspondant au style de l’époque. La bâtisse aux lignes épurées abrite la chapelle au rez-de-chaussée, dotée de nouveaux vitraux lors de sa réfection.
Les pressoirs d’Épernon
Les pressoirs : Au moment où la reine Bertrade de Monfort se retira au monastère de Fontevrault en 1115, elle fonda l’abbaye des Hautes-Bruyères à Saint-Rémy l’Honoré, en réparation de son mariage avec le roi Philippe Ier. En effet, le jour de son mariage avec Foulques le Réchin, comte d’Anjou, l’homme le plus laid du royaume, Bertrade prit la fuite et vint retrouver Philippe Ier qui l’attendait non loin de là. Le Réchin, de regret, vint mettre le siège devant Épernon qui fut vaillamment défendue par Simon II de Monfort, le jeune frère de Bertrade en 1093.
A partir de ce moment la garde des sépultures des comtes de Monfort revint aux dames des HautesBruyères. Il leur fut attribué une maison dans Epernon, avec octroi du droit de minage ou de mesurage des grains; d’où l’origine des pressoirs d’Epernon.
Les pressoirs se composent de trois nefs voûtées en ogives, soutenues par deux rangées de colonnes.
D’anciennes maisons de la ville ont aussi des caves présentant la même architecture romane. Les pressoirs ont été classés « Monuments Historiques » par arrêté du 10 juillet 1926.
L’église Saint-Pierre
L’église Saint-Pierre située dans une petite rue d’aspect médiéval est d’origine romane comme en témoigne le demi-tympan en réemploi dans le mur de façade. Elle a été restaurée au XVIème siècle. Elle comporte une nef à charpente apparente à voûte lambrissée flanquée de deux bas-côtés, un chevet à absidioles et une tour carrée.
En juin 1940, un bombardement a provoqué la chute partielle des fausses voûtes de la nef et des bas-côtés datant de 1885, laissant apparaître les charpentes lambrissées recouvertes de peintures du 16e siècle.
L’église Saint-Pierre a été classée « Monument Historique » par arrêté du 26 mai 1942.
Les maisons médiévales
Les maisons médiévales : A proximité de l’église Saint-Pierre, 5 place du Change, une maison médiévale datant du XVème siècle possède encore dans sa structure à colombages deux sculptures. Au côté droit de la porte d’entrée, l’ange de l’Annonciation la main droite à plat sur la poitrine ; à gauche saint Christophe regarde vers le ciel.( Le rez-de-chaussée de la façade a été inscrit MH par arrêté du 19 octobre 1928).
La rue Drouet possède d’autres maisons médiévales où, dans l’une desquelles, dit-on, le mathématicien Michel (Floréal) Chasles naquit en 1793
De la pierre d’Épernon à l’aqueduc de Maintenon
Le canal de Villiers
Exécutée par Vauban sur les ordres de Louis XIV, la canalisation de la Drouette, appelée plus loin « canal de Villiers » permit le transport des matériaux des carrières d’Epernon pour la construction de l’aqueduc de Maintenon.
Le port d’embarquement des grès sur des barges à fond plat est encore visible au niveau des « Prairiales ».
Le conservatoire des meules et pavés
situé dans une étable-écurie du XIXème siècle est un témoignage touchant du travail et de la vie sociale des carriers au XIXème siècle. Les carrières de grès et de pierres meulières ont joué un rôle économique important au cours de ce siècle, devenant même la première industrie locale, employant des centaines de salariés. Une industrie au rayonnement international puisque les grès partaient vers Paris par trains entiers tandis que les meules étaient exportées dans le monde entier. Le conservatoire reconstitue les difficultés et la dangerosité de ce travail pour les ouvriers et raconte le formidable essor de la ville à cette époque. (« Epernon, la vallée de l’Eure, vallée de la Drouette », CDT28).
Pour aller plus loin...
- Ville d'Épernon
Site officiel




