Châteaudun
Entre château, cité médiévale et rives du Loir, une ville où l’histoire des pèlerins a laissé de nombreuses empreintes.
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- Histoire & Patrimoine d’Eure & Loir
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Dominant la vallée du Loir depuis son éperon rocheux, Châteaudun possède un patrimoine exceptionnel façonné par près de deux millénaires d’histoire.
Son château, ses quartiers anciens, ses nombreuses églises et chapelles témoignent de cette richesse. Mais la ville conserve également une mémoire particulièrement présente des pèlerinages, à travers ses anciens lieux d’accueil, ses confréries, sa toponymie et les traces laissées par le passage des pèlerins de Saint-Jacques.
Une cité au bord du Loir
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Châteaudun, une ville chargée d’histoire
Les grottes du Foulon ont été creusées naturellement dans le calcaire il y a des millions d’années
par les eaux de pluie. Elles ont été habitées dès la préhistoire par l’homme du paléolithique il y a
300 000 ans. On y a retrouvé de nombreux outils en silex datant de l’âge de la pierre taillée et de la
pierre polie, mise en place par la société dunoise d’archéologie. Le site du Foulon est une rare
illustration de grottes où l’on peut observer des géodes marines géantes renfermant des empreintes
d’animaux aquatiques figées dans le quartz ou dans la calcédoine. S’y trouvent aussi de grandes
salles, galeries, piliers, marmites géantes et diaclase
Il est possible d’y observer sur tout le parcours de visite, sous la ville de Châteaudun, la limite
Crétacé/Tertiaire, strate datant de l’époque de la disparition des dinosaures sur Terre, il y a 65
millions d’années. Ces grottes réservent aussi des os géants découverts en août 2010, ou une
vertèbre géante découverte en juin 2011.
Le Château
Le château surplombe le Loir, perché sur un piton calcaire, il s’agit à l’origine d’une forteresse du XIIe siècle. Remanié à la Renaissance pour en faire un logis confortable, l’important corps de bâtiment est surmonté de combles aménagés dans le style gothique. Il conserve notamment un escalier ouvragé de cette époque. Le château rénové depuis les années 1930 est classé monument historique depuis 1938.
Son donjon circulaire de la fin du XIIè siècle est le dernier vestige de l’ancien château-fort des comtes de Blois. C’est l’un des donjons de ce type les mieux préservés au monde. Outre son bâti exceptionnel, il a conservé une magnifique charpente à enrayures ajoutée au XVème siècle.
Les bords du Loir
Entre le château et le Loir existent des jardins ayant conservé leur tracé ancien, leurs gloriettes, leurs allées de vieux tilleuls et le mur de quai sur le Loir.
Le pont franchissant le Loir fut détruit par les Allemands en août 1944. Au pied du château, élevée sur les piles anciennes du moulin du XVIe siècle, se trouve l’usine élévatoire des eaux qui utilise la force de la chute d’eau, continuant l’existence de l’ancien moulin pour des besoins industriels.
Les quartiers anciens
Des quartiers anciens subsistent, épargnés par l’incendie qui a ravagé la ville en 1723, comptant
plusieurs bâtiments remarquables :
- maison du XVIe siècle, à l’angle de la rue de la Cuirasserie et de la rue des Huileries ;
- maison Louis Esnault, du XVIe siècle, au 2 rue Saint-Lubin ;
- maison Renaissance dite des Architectes du Château, au 11 rue Saint-Médard ;
- maison de la Vierge et restes de la Porte d’Abas.
Un patrimoine religieux exceptionnel - Églises et chapelles
Aujourd’hui, Châteaudun compte cinq églises et trois chapelles classées ou inscrites en tant que monuments historiques.
L’église Saint-Valérien
L’église Saint Valérien (MH 1907), édifice de plan rectangulaire, composé de huit travées avec
bas-côtés, les trois dernières formant le chœur. Ce dernier remonte au XIIe siècle et était primitivement conçu sans voûtes. Au XIIIe siècle, la haute nef a été couverte par des voûtes sexpartites, supportées par des colonnettes alternativement fortes et faibles, reposant sur des culs de lampes décorés. Une grande chapelle a été édifiée au début du XVIe siècle, à l’extrémité du collatéral sud.
La voûte est en caissons ornés. Les fenêtres du chœur sont encore garnies de vitraux de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. La face intérieure du mur ouest conserve des vestiges de peintures du XVe siècle. Un clocher existe sur la première travée du bas-côté sud. Il comprend une tour de cinq étages, renforcée de contreforts et couronnée d’une flèche en pierre aux arêtes garnies de crochets sculptés. Dans la deuxième travée du collatéral sud s’ouvre un portail du XIIIe siècle. Les voussures sont en plein cintre et le tympan est trilobé.
Rares sont les ‘’Croix Noires’’ de sinistre augure. On en glane cependant quelques-unes en Eure-et-Loir dont notamment à Châteaudun, paroisse Saint-Valérien. [Merlet, 1896, p. 435]
L’église abbatiale de la Madeleine
L’église abbatiale de la Madeleine (MH 1922) construite en grande partie au XIIe siècle, et terminée au XIIIe. A la fin du XVe siècle, l’ancien chœur fut détruit. Au début du XVIe, le chœur polygonal actuel fut bâti, le comble du collatéral nord transformé par une série de gâbles. La charpente lambrissée qui recouvre la nef semble également dater de cette période. La façade principale de la nef possède les vestiges d’un ouvrage défensif se reliant aux anciennes fortifications de la ville. [Les fenêtres hautes de la nef subsistent, ainsi que les petites arcatures en plein cintre pratiquées sous ces fenêtres et constituant une sorte de triforium. Les formerets des anciennes voûtes sont conservés, ainsi qu’un certain nombre d’éléments sculptés.
La madeleine de Châteaudun aurait possédé un ‘’verre de Charlemagne’’ (actuellement au musée de Chartres). Selon une tradition antique l’abbaye de la Madeleine aurait été fondée par Charlemagne sur une crypte qui, dédiée de temps immémorial à l’apôtre saint Jacques, avait été le berceau de la chrétienté dans cette région : « Ea est Castrodumensium traditio, cui obsequuti sunt criptores non infimi nominis, abbatiam hanc ab imperatore Carolo Magno conditam fuisse supra crypta beato Jacobo sacram, in qua primi hujus regionis christiani sacra facere consecreverant. » [Gallia Christiana, tome 8, 1744).
En 1426-1427, Guyot de Villexis, bourgeois de Châteaudun, donne à la confrérie de Notre-Dame de la Chandeleur, érigée en l’église de la Madeleine, une place devant la porte d’Amont ‘’pour y faire un hospital et lougeys pour loiger les povres gens pelerins et autres povres mendiens et miserables personnes qui passeront le païs’’ [Merlet, 1896, p. xxxxiii)
Le 22 janvier 1708 Châteaudun avait vu naître une confrérie des Frères de la Croix. [Rolland, 1986,
p. 96]
L’église Saint-Jean de la Chaîne
L’église Saint-Jean de la Chaîne (MH 1907) dont les parties les plus anciennes du monument, le chœur et le transept, datent du XIIe siècle. La nef remonte au XVIe siècle et le clocher sud du 13e.
En retrait, le portail de l’ancien cimetière est une construction du XVIe siècle.
L’ancienne église Saint-Lubin
L’ancienne église Saint-Lubin (1929) située à proximité de l’entrée du château a été fondée au VIe siècle par l’évêque Aventin. Actuellement en état de ruine, les fouilles effectuées dans les années 1980 ont révélé que l’église avait été construite sur des remblais de l’époque gallo-romaine.
Il s’agit de l’édifice religieux le plus ancien de la ville intra-muros.
Les vestiges de l’église Saint-Médard
Restes de l’ancienne église Saint-Médard (MH1929), probablement la plus vieille église de Châteaudun dont il reste quelques vestiges dans une propriété privée. Elle abritait le tombeau de saint Aventin.
La Sainte-Chapelle
La Sainte-Chapelle (MH 1918) située dans l’enceinte du château a été édifiée au tournant du XVème siècle. Elle est l’une des sept saintes chapelles (sur les dix d’origine, outre celle de Paris) qui subsistent en France.
Une fresque de Paul Goybault représentant le Jugement dernier, datant de 1467, est peinte sur le mur de l’oratoire sud. Les vitraux ont été détruits par les Prussiens en 1815.
La chapelle possédait parmi ses reliques un fragment de la Vraie Croix déposé dans un reliquaire d’or.
La chapelle Notre-Dame de la Boissière
La chapelle Notre-Dame de la Boissière (MH 1928) une ancienne commanderie du XIIIème siècle ayant appartenu précédemment aux Templiers qui y entretenaient un hôpital pour les pèlerins des Croisades. Elle a conservé en grande partie son aspect extérieur d’origine avec des fenêtres ogivales ou en plein cintre pour les deux baies géminées du pignon qui servait de clocher.
La chapelle Notre-Dame-du-Champdé
La chapelle Notre-Dame-du-Champdé (MH 1879) édifiée en 1519 et démolies en 1791. Il ne subsiste qu’une partie du mur de la façade flamboyante, formant aujourd’hui le portail d’entrée du cimetière.
Selon l’abbé Bordas dans sa Chorograhie du Dunois parlant d’une coutume chez les ‘’michelots’’ du diocèse de Chartres : « Ils y allaient tambour battant et sous un drapeau . Ceux de Châteaudun déposaient quelquefois ce dernier en arrivant dans la chapelle du Champdé, à l’autel de leur confrérie, qui subsiste encore. Le premier de la bande qui, en approchant se Saint-Michel, l’apercevait et criait : ‘’Voilà le Mont’’, était reconnu pour capitaine de la bande et recevait une couronne plus ornée que celle des autres pèlerins. »
L’ancienne chapelle Saint-Nicolas
L’ancienne chapelle Saint-Nicolas de l’Hôtel-Dieu a été détruite en 1792 pour des raisons d’urbanisme. Les vitraux et les grilles ont été récupérés pour être installés dans l’église Saint-Valérien.
L'Hôtel-Dieu de Châteaudun
L’Hôtel-Dieu de Châteaudun fut fondé au XIe siècle par Saint-Yves, évêque de Chartres.
En 1654, Saint Vincent de Paul y installe l’ordre religieux des Filles de la Charité pour assurer les soins aux malades. L’édifice médiéval est détruit au XVIIIe siècle afin d’être remplacé par un bâtiment plus moderne. La partie centrale a été édifiée en 1762 tandis que les deux ailes latérales et la chapelle datent du XIXe siècle. L’édifice conserva sa vocation hospitalière jusqu’en 1976.
L’ancien couvent des Cordeliers
L’ancien couvent des Cordeliers, fondé au début du XIIIème siècle. Ne subsistent qu’un corps de bâtiment et une porte d’entrée du XVe siècle avec porte cochère en plein cintre et porte piétonnière à arc en accolade.
L’ancienne porte du Guichet
L’ancienne porte du Guichet, porte d’accès au sud de la ville.
Selon Humbert Jacomet [Croix rurales et chemins de pèlerinage dans l’ancien diocèse de Chartres, p.87] :
« La porte du Guichet, qui n’était nullement une porte charretière, pouvait bien livrer passage à une poignée de pèlerins pressés de gagner le chemin de Cloyes et de Vendôme… La porte franchie, ces pèlerins trouvaient à main droite l’église Saint-Aignan et à gauche la Congrégation. C’est par ce chemin, ‘’dit de la Cloix’’, que s’engouffrait au XVIIème siècle la procession des paroissiens de Saint-Aignan lorsque était venu le jour de bénir ‘’les biens de la terre’’. Mais elle prenait aussitôt à droite ‘’pour descendre à la Varenne’’. Passait-elle alors devant la ‘’croix Saint-Jacques’’, en suivant le ‘’chemin des Récollets’’, avant d’obliquer à gauche vers la ‘’Varenne-Ferron’’. »
Châteaudun et la mémoire jacquaire
L’ancienne Croix Saint-Jacques
Toujours selon Humbert Jacomet [Croix rurales et chemins de pèlerinage dans l’ancien diocèse de Chartres, p.84] :
« Tournée vers le sud comme beaucoup de ses homologues, la Croix Saint-Jacques de Châteaudun surplombait jadis la Cavée de la Reine. Elle était plantée à l’extrémité du Clos de la Madeleine. Le calvaire actuel lui doit peut-être sa position. »
Selon Merlet et Jarry (1896) Cette croix est déjà mentionnée en 1553 dans des reconnaissances de cens et de rentes sur les vignes du clos Sainte-Marie de la paroisse Saint-Aignan.
Dans son « Essai de l’histoire de la religion du Dunois, » 1747, tomeII p.205-206 », Alexandre Courgibet raconte :
« Il y avoit autrefois une dévotion qui n’est plus en usage. C’est que celuy qui voulait faire le voyage de St. Jacques, allait d’abord à l’église de St. Aignan, y prenoit le bourdon bénit de la main du prieur-curé qui ensuitte le conduisoit processionellement jusqu’au lieu où est aujourd’hui une croix qu’on nomme pour cet effet la Croix de St. Jacques. Et c’étoit la aussi ou, ledit curé devoit aller au-devant dudit pellerin lorsqu’il étoit de retour de son pèlerinage. »
Pour aller plus loin...
- Ville de Châteaudun
Site officiel
- Grand Châteaudun Tourisme
Site officiel
- Château de Châteaudun
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